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La proposition de Loi UMP imposant un quota de femmes dans les Conseils d’Administrations des Entreprises

ADOPTION PROPOSITION LOI IMPOSANT UN QUOTA DE FEMMES DANS LES CONSEILS D’ADMINISTRATION

La proposition de Loi UMP imposant un quota de femmes dans les Conseils d’Administrations des Entreprises a été adoptée hier mercredi 20 janvier 2010.

Certes, on peut continuer à polémiquer sur le fait que nous ne devrions pas avoir besoin de loi et de quotas imposés pour faire reconnaître nos compétences et être nommées à ces fonctions, mais y a-t-il d’autre solution quand on constate que rien ne bouge depuis 15 ans ?

Car la France est vraiment en retard par rapport à la plupart des autres pays de l’Union Européenne, avec seulement 9 % de femmes membres de Conseil d’Administration d’entreprises de plus de 500 personnes. Avec une politique volontariste, la Norvège est partie de plus bas que nous et est passée de 6 % en 2002 à 45 % aujourd’hui.

Certes au final, si dans 6 ans le quota de 40 % est atteint, cela ne représentera que 1000 postes environ, mais cela peut faire changer les mentalités, ce qui sera en soi un gros progrès. Quant aux septiques, qui disent que cette loi va mettre les entreprises en difficulté, franchement 1000 femmes compétentes à trouver en 6 ans, ce n’est pas la mer à boire ? !

Par ailleurs, c’est peut-être à vous de vous mettre en avant et de saisir votre chance.

 

Pendant plusieurs années, j’ai fait partie des rares femmes membres de CA d’entreprises de plus de 500 personnes. Comme je l’ai déjà indiqué, au début je suis arrivée des cercles essentiellement masculins, comme une « petite souris », plutôt complexée et je me suis rapidement aperçue que ces Messieurs étaient au contraire ravis et demandeurs d’une présence féminine, qui leur donnait une autre vision et une autre approche des problématiques.

Certaines femmes, pour parvenir à des postes de haut niveau, se sont crues obligées d’adopter des comportements d’homme et de gommer leur féminité, ce qui n’a pas forcément eu un effet positif.

Alors, disparu le plafond de verre ? En tout cas ça bouge et s’il nous faudra toujours à un moment, subir un retard de carrière le temps de faire les gosses et de nous occuper un peu du foyer, nous avons tout à fait la capacité de rebondir le moment venu et de conquérir ces postes !

N’oublions pas, qu’en politique on peut également progresser : 18,54 % de femmes députées, 16,9 % de Sénatrices, 13,9 % de Maires.

  1. Jean-Marie Gouarné
    03/02/2010 à 12:14 | #1

    La féminisation des CA serait très certainement un enrichissement mais les quotas sont-ils une vraie solution ? On est en présence d’un problème de mentalité profonde, et la question de savoir si le volontarisme législatif peut changer les mentalités sans provoquer de dommages collatéraux n’est pas facile à trancher. Dans ce cas précis, l’instauration des quotas pose plusieurs sortes de problèmes.

    D’abord, on peut ironiser sur une autorité législative qui impose 40% de femmes aux commandes des grandes entreprises alors qu’elle n’a même pas la capacité ou la volonté d’imposer 20% de femmes aux commandes de la Nation. N’est-ce pas mettre la charrue avant les boeufs ? Cette nouvelle loi semble postuler que la féminisation des directions d’entreprises est plus importante et plus urgente que celle des instances gouvernantes de la République.

    Je ne crois pas, contrairement à ce que pensent certains de ses adversaires, que cette réforme puisse mettre les entreprises en difficulté. Mais au-delà des apparences, elle risque d’instaurer subrepticement, au sein de certains CA une sorte de discrimination informelle entre membres « naturels » et membres « imposés par les quotas ». Elle risque aussi de provoquer des phénomènes de « bourrage », c’est-à-dire des nominations de personnalités effacées, choisies pour « ne pas déranger » et essentiellement chargées de faire tapisserie. Des phénomènes analogues existent déjà dans d’autres domaines (par exemple les handicapés recrutés pour respect des quotas et aussitôt remisés dans des placards); il serait extrêmement naïf de les ignorer.

    Tout système de quotas, en allégeant les frustrations d’une catégorie de personnes, est nécessairement susceptible de frustrer d’autres personnes. À cet égard, je crains de voir venir, dans les prochaines années, des histoires de cadres supérieurs mâles qui, se croyant à tort ou à raison dignes d’une promotion, seront convaincus que leur carrière a été artificiellement bloquée à un moment ou à un autre pour cause de quota de femmes. J’espère que le management saura désamorcer les risques de démotivation que cela implique, mais comment en être sûr ?

    Les sociétés post-industrielles comme la nôtre sont soucieuses de parité d’une manière générale. Il se trouve que la parité entre les sexes est l’enjeu d’un combat qui a commencé bien avant les autres, mais ce n’est certainement pas la seule parité recherchée. On sait que, dans les entreprises comme ailleurs, les « plafonds de verre » ne concernent pas que les femmes. Ils pénalisent hommes et femmes sur des critères (généralement inavoués) tels que l’aspect physique, les origines ethniques, les orientations sexuelles, et bien sûr l’âge. De toute évidence, un système de quotas pondérés selon de multiples segmentations (et non sur la seule segmentation hommes/femmes) serait trop complexe pour être applicable. D’un autre côté, comment peut-on soutenir que c’est l’équilibre des sexes, à l’exclusion de tout autre facteur de diversité, qui doit être atteint ?

    La morale de tout cela, c’est que le Gouvernement et le Parlement se sont offerts un peu de bonne conscience civique en faisant le plus facile, c’est-à-dire en donnant force de loi à un grand principe sans trop se soucier des détails. Sur le terrain, on peut tout juste dire que l’un des plafonds de verre qui rigidifient les entreprises (et la société en général) est sur le point de se déplacer, mais il est beaucoup trop tôt pour dire que les plafonds de verre ont disparu.

  2. 16/04/2010 à 07:00 | #2

    cela ne representera que 1000 postes environ, euh cxomment ça ?

  3. 16/04/2010 à 08:00 | #3

    @model
    Cette Loi concernent les Entreprises ayant un Conseil d’Administration, donc majoritairement les SA.
    De ce fait, compte tenu du nombre relatif d’entreprises concernées, le nombre de postes à pourvoir ne devrait pas être tellement supérieur à 1000 au total.

    Cordialement

    Maïté DEBEURET

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