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Auto-entrepreneur : on se trompe de débat !

La Caravane des Entrepreneurs est depuis le début favorable au régime de l’auto-entrepreneur, parce qu’il est simple et lisible.

Sur le terrain les différentes études réalisées par la Caravane des Entrepreneurs en 2009 et que nous allons continuer dans les 46 étapes de 2010 (voir www.caravanedesentrepreneurs.com ) montrent qu’il s’agit d’un bon système pour se lancer sans risques, pour tester son projet et se frotter aux difficultés du marché.
Seulement 43% des auto-entrepreneurs inscrits ont réalisé du chiffre d’affaires et déposé une déclaration ( voir communiqué de l’AFP ci-dessous). Cela ne veut pas dire que les 57% restant sont des fraudeurs. Ils ont peut être tout simplement surestimé leurs forces et/ou sous estimé les difficultés du marché. Ils ont certainement besoin de formation et d’accompagnement en matière commerciale pour vraiment démarrer. L’augmentation du nombre d’utilisateurs sur www.tvdesentrepreneurs.com montre bien que ce problème de formation est important pour les auto-entrepreneurs.
Si les auto-entrepreneurs ne réussissent pas leur entreprise, l’expérience sera dans tous les cas moins douloureuse que s’ils avaient créé leur entreprise comme avant la mise en place du régime de l’auto-entrepreneur, engagé des coûts, fait des avances de charges à l’Urssaf, etc. . N’oublions pas que 50% des nouvelles entreprises arrêtent leur activité dans les 5 ans.
Ce qui nous paraît beaucoup plus grave et que nous dénonçons depuis le début, c’est que des entreprises installées utilisent des auto-entrepreneurs pour réaliser des tâches habituellement réalisées par des salariés. C’est plutôt ces entreprises que les Urssaf doivent traquer pour récupérer des cotisations non payées, que les auto-entrepreneurs qui n’auraient pas déclaré de chiffre d’affaires ;
Ce débat sur l’auto-entrepreneur élude 2 autres débats qui semblent nettement plus cruciaux :
- l’importance des charges sociales et fiscales qui pèsent sur les salaires : si le coût de l’heure de travail n’était pas majoré de 50% par les charges sociales et fiscales les entreprises n’auraient pas la tentation « d’embaucher » des auto-entrepreneurs.
-le chômage : si il existe autant de candidats auto-entrepreneurs c’est parce que le chômage est trop important. N’oublions pas que un million de demandeurs d’emploi arriveront en fin de droits en 2010 et que beaucoup d’entre eux essaieront de s’en sortir en devenant auto-entrepreneurs.

PJ communiqué de l’AFP :
Le président centriste de la commission des Finances du Sénat, Jean Arthuis, a annoncé jeudi le dépôt d’un amendement visant à mieux encadrer le régime de l’auto-entrepreneur qui suscite encore de nombreuses réserves.
Cet amendement sera débattu le 8 avril au Sénat dans le cadre de l’examen du projet de loi sur l’entrepreneur individuel à responsabilité limitée, texte déjà voté par l’Assemblée nationale.
Cet amendement, selon un communiqué du sénateur de l’Union centriste, vise à obliger les auto-entrepreneurs à faire une « déclaration d’activité » quel que soit le montant du chiffre d’affaires ou des recettes réalisées même s’il n’y en a pas.
« Près de 60% des auto-entrepreneurs inscrits ne déclarent rien, empêchant ainsi tout contrôle effectif de leur activité par les organismes de sécurité sociale et par les services de l’inspection du travail », souligne M. Arthuis.
Son amendement prévoit en outre de « limiter à trois ans le bénéfice de ce régime micro-social spécifique pour les auto-entrepreneurs qui exercent leur activité à titre principal ». « Les salariés, retraités et étudiants qui s’inscriraient en tant qu’auto-entrepreneur à titre complémentaire, pour accroître leur pouvoir d’achat, conserveraient » en revanche « ce statut sans limitation de durée ».
M. Arthuis observe que, selon les chiffres à jour au 1er janvier 2010 communiqués par l’Agence centrale des Organismes de Sécurité sociale, sur 307.500 comptes affiliés, seuls 131.500 auto-entrepreneurs ont déclaré un chiffre d’affaires en 2009.
Le secrétaire d’Etat aux Petites et Moyennes Entreprises, Hervé Novelli, ne semble pas opposé à un tel amendement. « Un tel aménagement ne remettrait pas en cause le principe même du régime de l’auto-entrepreneur », déclare-t-il jeudi dans un entretien aux Echos.
Le statut de l’auto-entrepreneur, en vigueur depuis début 2009, permet de développer une activité à titre principal ou complémentaire pour accroître ses revenus, avec des démarches simplifiées et un régime fiscal avantageux.
Il reste très critiqué par les artisans, qui l’accusent de fausser la concurrence.

Maïté Debeuret

  1. 08/04/2010 à 13:55 | #1

    Analyse très pertinente.

    Cordialement
    PG

  2. 08/04/2010 à 14:01 | #2

    Très bonne analyse, je suis d’accord avec vous

    Cordialement
    P-A F

  3. 08/04/2010 à 14:06 | #3

    Bonjour,

    Je suis 100% d’accord avec cet article.
    Les personnes que je coache et que je « pousse à oser » être auto-entrepreneur, une fois la décision prise, se rende rapidement compte que le problème n’est pas le statut mais la clientèle.
    C’est donc génial de pouvoir aborder l’aspect essentiel « à qui je rends service » et « combien est-on prêt à me payer pour ce service » de façon sereine parceque, justement le statut auto-entrepreneur est facile (la légalité rend serein :o ).

    Et là, comme vous le dites si bien, la concurrence est impitoyable du fait du chômage …. d’où une sous-activité : on travaille en dessous des prix (et les artisants sont pénalisés), voire une non-activité (trop de concurrence).

    Cordialement

    Marc

  4. 08/04/2010 à 14:11 | #4

    Bonjour,
    Entièrement d’accord avec votre analyse, le régime de l’auto-entrepreneur est un excellent tremplin pour tous ceux qui souhaitent se lancer à leur compte à moindres risques ; cela n’évite en rien de monter son projet comme un véritable entrepreneur avec tout le sérieux que cela implique et c’est bien ce que j’essaie de promouvoir auprès des personnes que je conseille.
    En revanche, c’est un faux procès que l’on fait aux auto-entrepreneurs aujourd’hui car ce sont des entreprises peu scrupuleuses qui abusent de ce statut pour réduire leurs charges et profiter d’une main d’oeuvre « kleenex » à bon compte. Même si l’on peut effectivement se demander pourquoi beaucoup ont déjà plongé dans cette « faille » ; le poids des charges sociales et les difficultés à se séparer des salariés en CDI lorsque la collaboration n’est plus possible, y sont certainement pour quelque chose.
    L’amendement déposé par Jean Arthuis n’est pas sans provoquer l’inquiétude chez nombre d’auto-entrepreneurs installés, certains commencent déjà à s’inquiéter de la volonté des institutions de pérenniser ce statut très récent et déjà remanié par petites touches. A vouloir aller trop loin dans les garde-fous, ne risque-t-on pas de dénaturer complètement la création de H. Novelli et en annihiler tout ce qui en faisait son originalité et sa simplicité ?
    Bien sûr, des artisans, des commerçants et même des professions libérales s’élèvent contre ces facilités dont bénéficient les auto-entrepreneurs ; ce statut est tout nouveau et il convient vraisemblablement de l’accomoder et de le caler afin de ne pas créer d’inéquité entre les professions indépendantes. Mais attention à ne pas le tuer dans l’oeuf, ce serait, me semble-t-il, vraiment dommage.

    Jacques Hellart – Consultant formateur indépendant, micro-informatique, création d’entreprise (78)

  5. Directeur Général
    12/04/2010 à 11:22 | #5

    Bonjour,

    Outre le fait que je pense sérieusement que le statut de l’auto-entrepreneur est une vaste fûmisterie et qu’il accroît la précarité des personnes tout en les déchoyant de leurs droits : retraite, chomâge, etc…, il ya des points sur lesquels je suis en complet désaccord avec vous :
    - Le premier : Vous dites « pour tester son projet et se frotter aux difficultés du marché » . Dans le cas d’un vrai projet d’entreprise, BtoB -sic pas dans le cas d’un marché artisanal BtoC qui pour moi n’est pas de l ‘entreprenariat au sens noble du terme-, ce n’est pas avec ce statut que vous serez convaincant, crédible ou capable de capter un marché. En effet, d’une part la structure étant minimale, elle vous coupe de bon nombre de marchés qui nécessitent de solides bases, et une structure pérenne qui va avec. D’autre part, je vois très mal -en fait je n’en vois aucun- les clients (pour moi ce ne sont pas des particuliers mais des entreprises, des vraies, on est dans le BtoB) ou les organismes financiers daigner vous regarder et encore moins traiter avec vous.

    - Le second : Vous dites « l’expérience sera dans tous les cas moins douloureuse que s’ils avaient créé leur entreprise comme avant la mise en place du régime de l’auto-entrepreneur, engagé des coûts, fait des avances de charges à l’Urssaf, etc. . ». C’est faux et archu faux !!!!!!! D’une part, un échec est toujours cuisant, encore plus dans le cas de l’auto-entreprise puisque vous êtes tout seul, et que c’est, pour 100% des personnes qui partent sur ce statut bancal, leur première expérience -si on peut appeler cela expérience…- d’un statut qui autorise une certaine indépendance et une certaine responsabilité, via-a-vis du développement d’un projet. Des personnes comme cela, en échec ne reviendront plus jamais à l’entreprise en tant que dirigeant. Sans compter qu’ils n’auront RIEN après : pas de chomage, pas de cotisation retraite réalisée, souvent des coûts de mutuelle surélevées. encore plus pauvres qu’avant. Que vous soyez auto-entrepreneur ou dirigeant d’entreprise, les coûts sont les mêmes. Mettez plutôt en valeur le statut de SAS, avec lequel vous n’avez aucune charge en avance à payer -tant qu’il n’y a ni salarié ni C.A.- , contrairement à la SARL -trop- bien -uniquement- connue des français. Et en plus vous avez droit aux pépinières, aux incubateurs, et à des tas d’aides qu’avec un statut d’auto-entrepreneur vous n’avez pas. Merci à vous d’être plus précis la prochaine fois. Et puis, entre-nous, s’il vous faut 5 ans, pour tester un marché et vous apercevoir que ca marche ou pas, c’est grave ! Avec le statut SAS, c’est clair, il vous faut booster avant 18 mois (durée moyenne de validation entre l’idée jusqu’à sa commercialisation et en y incluant la recherche d’investissements) . Si au bout de 18 mois,vous n’avez rien de concret, arrêtez de suite ! Ca évite trop de casse, mais entre-temps vous aurez énormément appris, bien plus qu’avec un statut d’auto-entrepreneur et vous aurez considérablement étoffé de manière pérenne votre réseau !

    - Le troisième : « N’oublions pas que un million de demandeurs d’emploi arriveront en fin de droits en 2010 et que beaucoup d’entre eux essaieront de s’en sortir en devenant auto-entrepreneurs » => Miroir aux alouettes !!!!!! Ils vont déchanter à la sortie !

    Enfin, j’enfoncerai le clou pour les artisans : ils ont bien raison de manifester, car c’est effectivement de la concurrence déloyale, les secteurs d’activités étant les mêmes.

    Arrêtons donc ce statut d’auto-entrepreneur qui n’a été réalisé que pour faire croire aux gens qu’ils pouvaient devenir chefs d’entreprise, et pour ne pas avoir à les compter comme chomeurs.

    On devient chef d’entreprise -et encore quand on est bien accompagné et que l’on la carrure et le caractère bien trempé- , on ne l’est pas, ni on ne naît comme ça. Et ce n’est pas avec un statut comme celui là qu’on peut y arriver (sauf très rares exceptions). Miroir aux alouettes, comme je disais.

    J’entends déjà des cris d’orfraies, pourtant c’est la triste réalité, regardons les choses en face !!!!!!!!

    Cordialement.

    Patrick POIRAUD.

  6. AB
    12/04/2010 à 11:28 | #6

    Je suis tout à fait d’accord avec votre analyse en particulier sur ce qui suit :

    Ce débat sur l’auto-entrepreneur élude 2 autres débats qui semblent nettement plus cruciaux :
    - l’importance des charges sociales et fiscales qui pèsent sur les salaires : si le coût de l’heure de travail n’était pas majoré de 50% par les charges sociales et fiscales les entreprises n’auraient pas la tentation « d’embaucher » des auto-entrepreneurs.
    -le chômage : si il existe autant de candidats auto-entrepreneurs c’est parce que le chômage est trop important. N’oublions pas que un million de demandeurs d’emploi arriveront en fin de droits en 2010 et que beaucoup d’entre eux essaieront de s’en sortir en devenant auto-entrepreneurs.

    Très bon Tour de France avec la Carvane des Entrepreneurs (dont certains très ECO…!).

    Cordialement.

    AB

  7. amélie
    12/05/2010 à 09:27 | #7

    Bonjour,

    j’ai lu avec attention votre article et les commentaires des autres lecteurs, car je pense effectivement à me déclarer comme auto-entrepreneur en connaissance de cause, après avoir démarrer mon activité en coopérative d’activités et d’emplois.

    Ce qui me surprend le plus, c’est le flou qui demeure après un an d’existence dans l’esprit de ces détracteurs : l’autoentrepreneuriat n’est pas un statut mais un RÉGIME. C’est une micro-entreprise.

    Personnellement, si ce régime m’intéresse, c’est notamment pour ses charges allégées et sa comptabilité simplifiée. Et non ! ce n’est pas parce qu’on refuse de payer plein pot qu’on n’a pas le profil du bon entrepreneur.

    Certes, les dérives sont réelles et ce régime donne l’accès à des amateurs de se faire passer pour pro. Mais finalement, ce n’est qu’un symptôme.

    Le régime est encore jeune, nous avons besoin de plus de temps pour le jauger efficacement.

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