Que sont devenues les auto-entrepreneures ?
Mon inquiétude se vérifie sur les premières étapes de la Caravane des Entrepreneurs 2010 : faute de formation accessible, d’accompagnement et de dispositifs adaptés, le soufflet auto-entrepreneures s’est dégonflé. En 2009, 48 % des auto-entrepreneurs reçus en grand nombre au fil de nos étapes à travers la France étaient des femmes : sur les deux premières semaines de la Caravane des Entrepreneurs 2010, je ne peux que constater une forte baisse. Et toujours aussi peu de projets de reprise d’entreprises ou de franchise !
Pourtant ce régime qui permet de démarrer facilement, sans trop de risques, avec une montée en puissance adaptée aux contraintes convient bien aux femmes. Encore faut il prendre en compte que nombre d’entre elles ont perdu le contact avec le monde du travail et économique.
Deux ans de disponibilité, du fait d’une perte d’emploi ou pour garder les enfants engendre une déspécialisation et aggrave aussi la perte de confiance en soi. Il faut dire qu’on ne valorise pas tellement les mères au foyer et que cette activité est un travail à temps plein qui laisse peu de temps pour se tenir informée professionnellement.
Il y a aussi eu pléthore d’offres pour récupérer les auto-entrepreneurs qui ont bien du mal à s’y retrouver dans toutes ces propositions purement commerciales, qui ne correspondent pas à leurs besoins basiques et à leurs capacités contributives.
Beaucoup pensaient qu’il suffisait de s’inscrire pour créer son activité et s’aperçoivent que ce n’est pas si simple de trouver des clients.
Je pense qu’il faut clarifier les choses sur ce régime de l’auto-entrepreneur car ce serait dommage qu’il fasse long feu.
Il faut que les politiques et les pouvoirs publics réalisent que pour que ces projets aboutissent, les femmes ont besoin d’accompagnement de proximité pour leur donner confiance en elles en en leur projet, de formations adaptées à leurs contraintes comme sur www.tvdesentrepreneurs.com et de bons conseils par des spécialistes.
Il faut aussi qu’elles puissent bénéficier au moins occasionnellement de la crèche, cantine, halte garderie pour pouvoir aller sur le terrain faire leur étude de marché et chercher les clients.
Et surtout il faut prendre conscience qu’il n’y a pas un « modèle » unique et que beaucoup d’entre elles ne correspondent à aucun profil prévu et sont en dehors de tout cadre, donc n’ont accès à rien, pas même à une formation ! Depuis des années rien ne change, il est temps de prendre des mesures simples qui leur donneront accès à la formation, l’accompagnement par une structure adaptée et leur permettront de développer leur activité et non de « végéter » dans un coin.
Et qu’on arrête de dire que «c’est parce que ces femmes sont passives et qu’elles ne se prennent pas en charge » car c’est méprisant pour toutes celles qui n’ont pas les moyens de se déplacer ou de payer formation et conseil.
Cordialement
Maîté debeuret




Bonjour Maïté
j’espérais bien vous rencontrer sur une des dates de Paris mais cela paraît fort compromis: 2 enfants en plein BAC et orientations, une maman à aller aider tous les jours…. Alors, c’est quand le bon moment pour que les femmes puissent entreprendre. 20 ans? trop jeunes? 30 ans? des enfants en bas-âges, 40 ans? oui c’est bien 40 ans! ah mais non il faut garder l’oeil et le bon sur des ados ou jeunes adultes(et puis les oreilles aussi parce que les confidences, interrogations à cet âge, il faut les prendre au vol) Si ça tourne mal: c’est la faute à maman qui n’est jamais là…. sans compter comme tu le soulignes le décalage ressenti en 10 ans loin de la vie « active » bon mais on peut, on va s’y remettre. A 50 ans? Je n’ai jamais arrêté de travailler et j’y suis dans les 50 ans, mon projet est là alors qu’est-ce qui m’empêche de passer à l’acte? Comme je l’ai dit au début encore beaucoup de contraintes familiales: des parents qui vieillisent, des enfants encore à aider et puis, et puis… On en parle pas ou si peu (ça va en faire sourire…) un corps qui nous fait sa dernière révolution: la ménopause! si peu que se soit ajouter à quelques problèmes de santé qui se déclarent bien souvent dans ces années, nous voilà pleine d’expérience, pleines d’idées dans la tête mais pas l’énergie, et si l’on est en plus seule c’est même pas la peine.
Si l’on rajoute à cela toutes les embûches habituelles et particulières à chaque cas de la création d’entreprise on comprend qu’il y ait de moins en moins de volontaires.
Alors que faut-il faire? je vous donne mes conclusions:
1 Ne pas rester seule: trouver un ou une associée,
2 Tester son idée d’entreprise, commencer à tester en profitant de toutes les plates formes de ventes de particuliers, le bouche à oreille… ne rien entamer comme démarches avant d’être sur que cela rapporte de l’argent
3 pendant que l’on est coincée à la maison, se former gratuitement: la TV des entrepreneurs et ….J’ai renoncé à écrire un business plan….mais j’ai lu, je connais les différents régimes et statuts, en gros la compta et je me dis j’apprendrais au fur et à mesure. Je fais une croix sur ma nature perfectionniste car sinon je n’y arriverais jamais.
Mon activité pouvant se faire dans un premier temps dans un cadre associatif j’opte pour cette solution qui m’évitera la pression du rendement…
Vous voyez, on est obligé de trouver des chemins de traverse et en plus pas de modèles tellement les cas sont différents
Dernière chose: tordons le coup à ce terme « femme au foyer »
c’est fini le temps où l’on devait entretenir toute la journée le feu de la maison. Je pense qu’il y a vraiment une bataille à reprendre sur la reconnaissance des « femmes actives » pour leur famille et puisque l’on en est à tout quantifier que nos économistes fassent un bilan des bénéfices qu’en tire la société.
Merci Maïté pour tes écrits qui vont direct au cœur du problème.
bonne journée à tous
SylvieR